La belle vie de Pedro

Pedro Ballester était un numéraire (membre laïc célibataire) de l’Opus Dei décédé d’un cancer en janvier 2018 à l’âge de 21 ans. Sa vie a édifié son entourage et constitue un exemple de joie chrétienne malgré les souffrances et la douleur. Nous présentons ici une courte biographie de sa vie.

Pedro Ballester Arenas est né à Manchester, en Angleterre, le 22 mai 1996.

Il est le fils du Dr Pedro Ballester Nebot et d’Esperanza Arenas Arguelles, un couple d’espagnols installé en Angleterre pour des raisons professionnelles et qui s’y est rencontré et installé grâce au travail de Pedro senior en tant que médecin. Ils ont eu trois fils : Pedro, Carlos et Javier. La famille s’installe à Harrogate dans le Yorkshire en 2004.

Pedro était un excellent élève, à la fois intelligent et travailleur, et en 2014, il termine ses études secondaires avec d’excellents résultats à ses A-levels (équivalent anglais du bac) dans les matières qu’il avait choisies espagnol, mathématiques, chimie, physique et mathématiques avancées.

Ses amis, ses professeurs et les autres personnes qui ont connu Pedro font tous remarquer sa gaieté et ses nombreuses autres vertus. C’était un jeune homme très normal et très bon, sérieux mais joyeux, avec un caractère qui révélait à la fois ses origines espagnoles et son éducation dans le nord de l’Angleterre. Chaleureux comme un Espagnol et direct comme les gens du Nord, il était à la fois sociable et franc, évitant tout chichi et toute sensiblerie, mais il aimait beaucoup la compagnie et était un ami proche. Sa foi était profonde et il était heureux de la partager avec les autres toujours d’une manière très naturelle.

« Tu n’atteindras la sainteté que Notre Seigneur exige de toi qu’en accomplissant avec amour de Dieu ton travail, tes obligations de chaque jour, faites presque toujours de petites réalités. »
(Saint Josémaria, Amis de Dieu, n. 7)

L’Opus Dei et la vocation de Pedro

Pedro est né dans une famille profondément catholique. Les parents de Pedro étaient – et sont toujours – des membres mariés de l’Opus Dei. Il a donc reçu une bonne formation catholique dès le début. En famille, puis à l’école, il a appris les éléments de la foi et les prières de base qui l’ont aidé à grandir dans l’amour de Dieu. Il a appris à pratiquer les vertus chrétiennes et humaines.

Adolescent, Pedro commence à suivre des cours de formation chrétienne à Greygarth Hall, un centre de l’Opus Dei à Manchester. Alors que sa foi et sa formation grandissaient, il décide un jour de se donner totalement au Seigneur et le 1er mai 2013, il demande à être admis dans l’Opus Dei en tant que membre numéraire : autrement dit, sa vocation consistait à suivre les enseignements et l’esprit de saint Josémaria Escriva dans une vocation de célibat au milieu du monde, pour la vie.

« Quand il m’a parlé pour la première fois de sa vocation, je me souviens avoir pensé qu’il avait trouvé une fille ! J’avais remarqué qu’il était beaucoup plus heureux ces derniers mois et lorsqu’il m’a dit « Carlos, je dois te dire quelque chose », j’ai supposé qu’il sortait avec quelqu’un. J’ai compris en fait qu’il était effectivement tombé amoureux : il avait trouvé le Christ en tant que numéraire de l’Opus Dei ». Carlos, le frère de Pedro

A l’université

Les excellentes notes scolaires de Pedro lui ont permis d’entrer à l’Imperial College de Londres, l’une des universités les plus prestigieuses du Royaume-Uni, pour étudier la chimie. Il est admis et commence sa première année en septembre 2014. Il quitte alors le foyer familial de Manchester pour vivre au sein à Netherhall House, une résidence universitaire promue par l’Opus Dei à Hampstead (un quartier de Londres).

Pedro (à gauche)

En décembre 2014, après seulement un trimestre d’études, Pedro commence à ressentir d’intenses douleurs au dos et on lui diagnostique un cancer avancé du bassin.

Il doit donc interrompre ses études et retourner à Manchester pour recevoir un traitement tout en étant proche de ses parents. Le peu de temps qu’il a passé à l’Imperial College ne lui a pas empêché de gagner le respect de ses compagnons d’étude et de ses professeurs.

Son combat contre le cancer

Pedro change alors d’université et transfère son dossier à l’université de Manchester en septembre 2015, dans l’espoir de pouvoir continuer à étudier tout en recevant un traitement. Cependant, l’aggravation de son état de santé le contraint à repousser ce transfert à septembre 2016. Il ne pourra finalement étudier que pendant moins d’un trimestre.

De janvier 2015 à janvier 2018, Pedro suit un traitement médical continu, principalement à l’hôpital Christie de Manchester, mais aussi brièvement à Heidelberg, en Allemagne (mai-juillet 2015), où il reçoit un traitement de pointe. Pendant quelques mois, ces traitements semblent porter leurs fruits et, en novembre 2015, Pedro a la chance de pouvoir rencontrer le pape François à Rome.

Cependant, le cancer réapparaît finalement avec plus de vigueur. Dès lors, Pedro est généralement victime d’une douleur intense, qu’il cherche à offrir à Dieu en union avec le Christ sur la Croix.

La dernière année de Pedro

En 2017, Pedro alternait entre des séjours à l’hôpital Christie et à Greygarth Hall. Les membres de l’Opus Dei vivent habituellement dans des centres de l’Opus Dei et Pedro choisit de le faire également. Dans ce centre, il pouvait être soutenu par ses frères de l’Opus Dei, par les soins discrets des femmes de l’Opus Dei qui s’occupent de l’administration domestique de la maison, par l’excellent personnel de Christie, par de nombreux amis et par l’amour de ses parents, qui passaient de nombreuses heures à Greygarth.

Durant cette période, un flux constant de résidents et d’étudiants de la résidence le visitent dans sa chambre. Pedro est presque toujours accompagné, et il aime cela. Il parle de toutes sortes de choses, y compris de ses grandes passions : la pêche et la politique du Moyen-Orient. Il apprécie également la bonne nourriture et les boissons lorsque son état le permettait. Mais surtout, il s’intéresse à ses visiteurs fréquents et à leurs préoccupations et cherche à les rapprocher de Dieu.

Pedro a été profondément fidèle à sa vocation jusqu’à sa mort. L’esprit de l’Opus Dei aide les gens à trouver Dieu dans leur vie quotidienne et dans leur travail. Pedro a appris à trouver Dieu d’abord et avant tout dans sa maladie, qui est devenue pour lui le travail qu’il devait sanctifier. Ses frères de l’Opus Dei et ses parents l’aidaient aussi à prier. Lorsque la douleur était plus forte, la principale prière de Pedro ne pouvait être que l’offrande de sa souffrance.

« Pedro était un garçon ordinaire, avec ses défauts et ses luttes. Parfois, la souffrance l’abattait, d’autant plus qu’elle durait depuis si longtemps. Il lui arrivait de pleurer. Il pouvait être occasionnellement irrité ou réagir contre ce qu’il considérait comme un sentimentalisme excessif. Mais son combat était très réel et exceptionnellement courageux. » Père Joseph Evans, aumônier de Greygarth Hall

« Je n’ai jamais été aussi heureux« 

Au petit matin du 13 janvier 2018, après trois ans de souffrance due au cancer, Pedro a rendu son âme à Dieu. Il est mort entouré de ses parents, de ses frères de l’Opus Dei à Greygarth et de quelques autres habitants de Greygarth, alors qu’ils priaient le Salve Regina à ses côtés.

Les funérailles de Pedro ont eu lieu à Manchester dans l’église Holy Name remplie de plus de 500 personnes, dont une quarantaine de prêtres concélébrants.

« La souffrance était le programme, la matière, que Pedro devait étudier, non pas de manière abstraite et intellectuelle, mais de la manière la plus personnelle – en chair et en os – que l’on puisse imaginer. Et il a réussi avec brio. » P. Joseph Evans, aumônier de Greygarth Hall

Six mois après sa mort, le 17 juillet 2018, l’Université de Manchester a décerné à Pedro un diplôme d’ingénieur en chimie à titre posthume. C’était le tout premier diplôme posthume décerné par la faculté de chimie et cela témoigne de l’impression que Pedro a laissée malgré le peu de temps qu’il y a passé.

Moins d’un mois avant sa mort, un groupe de jeunes membres de l’Opus Dei rend visite à Pedro à l’hôpital. Après une réunion de groupe, il souhaite parler à chacun d’eux individuellement. Plus tard, ses amis ont raconté qu’il avait encouragé chacun d’eux à être fidèle et à persévérer dans sa vocation. Lors de cette visite, il demande à l’un de ses amis : « Es-tu heureux ? », ce à quoi son ami répond : « Oui, je le suis, et toi, l’es-tu ? ». Pedro répond alors – après trois ans de souffrance et conscient de sa mort prochaine – « Je n’ai jamais été aussi heureux. »

Texte tiré de https://www.pedroballester.org.uk/ traduit par Raphaël C

Prière :

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